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 De la Brume renaitra ...

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Brumen
Zéphir
Brumen

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Localisation : Dans la brume ...
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MessageSujet: De la Brume renaitra ...   Sam 26 Juin 2010 - 16:54

13ème age

Le temps a passé … Un temps infini …

Un dragon de brume recouvrit une parcelle de Thessalie. Ethéré, translucide, il se posa très étrangement sur les champs des Bohémiens. Curieux choix que celui-ci : un territoire de soleil, de verdure, de quiétude et de paix… La paix. Peut être était-ce ce qui avait décidé cette étrange et draconique nappe à choisir ce lieu plutôt qu’un autre. Ces champs qui n’avaient jusqu’alors connu que soleil et panorama riant furent recouverts sur une portion d’un manteau gris, insondable, frémissant, duquel se dégageait un mélange de menace, de tristesse, de froideur et d’ancienneté. La forme du dragon s’étiola à l’instant où il se couchait sur les champs, se répandant pour ne plus être qu’un mur insondable de grisaille zébrée de bleu. Un mouvement ? Un frôlement ? Difficile à déterminer, mais la brume semblait bouger, changer, se déplacer de manière coordonnée, comme une armée parfaitement rodée où chacun vit et se meut en fonction de l’autre.

Si une Légende demeurait en ces terres, son œil aurait immédiatement reconnu ces filets et cette grisaille froide et palpitante pour l’avoir déjà vue s’étirer en d’autres temps, en d’autres lieux. Elle aurait cependant noté un changement dans les imperceptibles tremblements qui l’agitait : une douleur sourde, un chagrin infini. Des gouttes de condensation recouvrirent chaque brin d’herbe, chaque arbre, chaque roche, comme autant de larmes irréelles.

Si la forme de dragon s’était délitée, au centre de l’amas gris, la condensation se concentrait, d’éthérée, elle devint palpable, se consolidant, s’assemblant en murs, tourelles, cours intérieures et salles nombreuses, couvertes de tapisseries dans les tons les plus divers de blancs et de gris. Scènes de batailles se disputaient les murs du château qui venait de naitre, aux reliques antiques et souvenirs personnels.
La citadelle semblait vide. La pièce la plus décorée semblait être un hall de réception immense, encore que les murs, le plafond, semblaient fluctuer, onduler, ne laissant pas à l’œil le temps d’apprécier ses proportions réelles, changeant d’aspect et de taille sans cesse. Les murs bien que pourtant tangibles, semblaient parfois presque transparents, laissant apercevoir les forêts alentour, une rivière au loin, parfois on distinguait à travers la pierre taillée, les contours d’une colline bien réelle au dehors. La réalité semblait altérée, comme déformée par le brouillard permanent et constructeur qui couvrait toutes choses.

Au centre de cette salle était posé un large fauteuil qui semblait de marbre gris veiné de blanc, posé sur un large tapis qui, fait de cette même brume omniprésente, lui donnait l’impression de flotter. Le château frémit, des filets de brume se matérialisant venus de nulle part, se regroupant sur l’assise du siège, vibrant et tournoyant dans une lente danse créative et inquiétante. La température de la salle baissa de plusieurs degrés, faisant se cristalliser les gouttes de condensation autour du fauteuil. De délétère, la brume s’épaissit de nouveau, non pas en un quelconque élément décoratif ou architectural cette fois, mais en une forme qui semblait humaine. Une silhouette plus sombre et fuyante se matérialisa. Pas une matérialisation instantanée non, mais fugace, légère et volatile, lente et pourtant d’une célérité inouïe. La forme était grande et quand elle fut tout à fait incarnée et solidifiée, on put voir qu’il s’agissait d’une femme, recroquevillée sur le haut fauteuil, ses bras croisés sur l’accoudoir droit, son buste plié, sa tête reposant au creux de ses coudes, ses longs cheveux argentés comme la lumière lunaire largement répandus sur son visage, le cachant totalement et glissant jusqu’au sol. Un tressaillement la parcourut et tout le bâtiment tressaillit avec elle, la brume pulsant d’une sorte de joie froide et douce, comme quand on retrouve un être cher après de nombreuses années d’absence.

Elle releva la tête, son visage toujours caché par ses cheveux et décroisa les bras, relevant son buste pour s’asseoir plus confortablement, un peu désorientée. Il émanait d’elle une profonde tristesse, une douleur froide et intense, mais également une force rare. Elle rabattit ses cheveux dans son dos, les yeux fermés, et décrocha le lien de soie grise de son poignet, nouant ses cheveux en une masse lâche. Elle releva la tête et ouvrit les yeux, un peu inquiète, regardant immédiatement son pouce gauche, elle soupira de soulagement. Son anneau d’or gris s’y trouvait toujours, elle pu alors regarder autour d’elle. Hautaine, un port de tête haut et fier, ses cheveux argentés tombaient en cascade jusqu’à ses reins, encadrant son visage aussi variant que la brume qui venait de la libérer. Ses yeux étaient d’un gris à la limite de la transparence, provocants… non. Doux ? Pas davantage … Intrigants et insondables sans aucun doute. Elle était droite et cambrée dans sa toge, une cape grise drapée sur ses épaules laissant deviner une silhouette … insaisissable. Ses manches recouvrirent ses mains diaphanes, vaporeuses et elle les posa avec délicatesse sur les accoudoirs, embrassant la pièce de son regard froid et cristallin.


« Douloureux réveil que le mien … Le dragon m’a sortie du néant dans lequel je me complaisais, Légende endormie, au repos, mais les êtres meurent et la Légende demeure. Je regarde cette salle et l’endroit me semble familier, comme si je m’éveillais d’un sommeil long et agité. Cependant la disposition de la pièce n’est pas tout à fait la même et cette tapisserie au mur est un souvenir de batailles passées qui se sont déroulées après ma mise en sommeil : des Hordes Mongoles déferlant sur Thessalie, rasant tout sur leur passage. L’alliance n’avait pas cette puissance au moment de ma mise en stase.
La brume, MA brume… Sa présence m’entoure, comme toujours, douce, aimante, rassurante et à l’affut. Ma brume toujours fidèle : je suis elle, elle est moi… Nous ne faisons qu’un depuis si longtemps … Combien de temps ? Merci d’avoir veillé sur moi mon amie, ma sœur.»


Elle se leva, fit quelques pas sur le tapis de brume, semblant plus flotter que marcher : quasiment aucun mouvement ne semblant agiter sa longue robe là où ses jambes aurait du rentrer en contact avec le tissu. Elle traversa la salle à pas lents et se rendit sur la grande terrasse qui courrait sur le mur nord du château, éclairant la pièce d’une lueur blanchâtre tant le soleil était dans l’incapacité de percer le mur de brouillard. Appuyant sa main droite sur la rambarde de pierre qui sembla épouser la forme de sa paume, elle fit un geste souple de ses doigts en direction du Nord, et la brume se délita légèrement, assez pour qu’elle puisse contempler ce qui l’entourait. Le calme régnait sur les grandes plaines, une brise légère agitait langoureusement les herbes et les arbres. Un soleil qui lui blessa les yeux nimbait les champs d’une lumière d’or tranquille, tout était paisible. Elle aurait pu goutter à la sérénité des lieux, si ce n’était cette désorientation qui commençait à s’estomper, et ce sentiment que rien n’était terminé, que tout recommençait.
Faisant tourner son anneau d’or gris à son pouce, elle lâcha dans un soupir :
« Saurais-je te retrouver cette fois ? Mon calvaire n’aura-t-il donc jamais de fin ? Toi qui est venu me chercher dans mon lieu de perdition, sur la Géhenne, au cœur même de la lave et de la désolation, n’est-ce que pour m’octroyer un nouveau pugilat ? » . Tendant sa main, elle modela la brume en forme de minuscules dragons délétères et son esprit les guida « Allez ma brume, recherche le Dragon, recherche ma Légende, va et reviens moi aussi rapidement que possible… ». Les créatures diaphanes s’égayèrent dans chaque direction, désireuses d’accomplir leur mission pour l’amour de leur Maitresse.
Portant l’anneau à ses lèvres, sa main quitta la rambarde qui reprit un aspect lisse alors que le brouillard épais se refermait sur le panorama. Elle quitta le balcon et retourna dans la fraicheur de sa salle d’audiences :
« Une nouvelle guerre se prépare … Je le sens… La paix ne me sera donc jamais accordée … Aller, il me faut me préparer, réactiver mes capacités psychiques et fouiller Thessalie quitte à mourir à la tache … »

S’asseyant sur son siège de marbre, elle détacha ses cheveux et envoya son esprit tour à tour dans chaque once de brume qui voyageait en tentant d’accomplir sa mission…




Dernière édition par Brumen le Ven 9 Juil 2010 - 6:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: De la Brume renaitra ...   Sam 26 Juin 2010 - 17:07

Avant ...

Pénurie, langueur et grimace, bien étrange était le lot de cette affreuse terre « Vois ou ferme les yeux, disait Mère nature de son air maussade: Rien ne veut fleurir, je ne puis même sauver la face: c'est le jugement dernier qui de ses flammes lavera cette place, qui en calcinera les mottes et de mes prisonniers rompra les fers »

Prisonnière... En ces lieux de désespoir et de néant, en ces rouges cratères stériles et funestes, je portais mon regard alentours, nulle vie semblait il, nulle beauté que cette chaleur intenable pour moi, moi déesse de la brume, du froid, du brouillage des esprits et de la vision... Pourquoi? Pourquoi m'avait on envoyée ici? Qui si sombre et cruel avait pu sournoisement m'extraire de mon plan doux, évanescent et heureux?... On ne pouvait lutter contre le Destin et le mien devait être l'épreuve et la quête, réalisée dans la douleur sans aucun doute, aux vues de ce qui m'entourait à présent.
Je tendais tout mon esprit alentours, les doigts fins de mes pensées à l'écoute et en attente. Mes capacités psychiques innées m'avaient maintes fois sauvé la vie par le passé, ce passé qui s'estompait déjà, je le constatai avec horreur et angoisse. Je fermai les yeux et les ouvris sur mon cœur comme un homme commandant du vin avant d'aller guerroyer, j'appelai de mes vœux une rasade de visions plus heureuses du passé afin de retrouver l'espoir de jouer mon rôle en vainqueur. Penser d'abord, et puis combattre, tout l'art du soldat, sa valeur, car le goût furtif des temps anciens guérit de tout.
Las ! Plutôt ce présent qu'un passé qui s'offre tel: me voilà de retour sur ma route assombrie. Aucun son, nulle vision aussi loin que l'œil s'enquît: une lande piétinée, jadis un bois étrange peut être, un marécage brulant suivi d'une simple terre désolée et stérile, de marais d'argile et de décombres entourés de laves, plein d'une désolation amère et dépeuplée. Le Géhenne ... Rien d'autre à l'horizon que le crépuscule de feu, rien qui vienne l'œil rassurer ou le pas guider!

Des années, des temps infinis sur cette terre, rejetée, crainte autant que haïe, attirant la méfiance mais dont les capacités mentales, les pouvoirs d'intrusion dans les esprits laissaient rêveurs, avides ou rancuniers à l'extrême. Moi, Brumen, maitresse de la brume, de l'illusion et du changement, diaphane et éthérée, blanche et froide, cassante comme le cristal, je n'aurais pu craindre un lieu plus à l'opposé de ma nature et j'attendais, mes sens et mes pensées fouillant l'espace, tendue vers mes visions, vers une quelconque indice sur un espoir, un présage. Sans but, comment faire face ? Dans les ténèbres rouges qui m'entouraient, seule la haine, le mensonge, la sournoiserie et la traitrise sourdaient de chaque grain de poussière et de chaque brin végétal racorni et agonisant: plus que des odeurs méphitiques empoisonnant les poumons, la malveillance et la noirceur empoisonnent l'esprit et à trop les ressentir, ils finissent par enserrer le cœur et l'âme dans leurs mains fourbes et rusées, volant l'essence même de l'être, le plongeant dans la folie pure...
Elle me guettait je le savais mais je ne plongerais pas sans combattre et j'entendais les voix démoniaques pour qui j'étais l'anachronisme, la créature à abattre. A chaque instant j'attendais la lumière, avant que de la voir pâlir, fugace, le crépuscule mourant vint rougeoyer à travers une crevasse: des collines moribondes je sentais monter les voix de mes détracteurs, des monstres qui m'entouraient depuis si longtemps qu'il me semblait ne rien avoir connu d'autre : « Que d'un coup de dague on achève la bête ! Droit au cœur, terrassez là et méfiez vous de son esprit! »

Au tréfonds de mon mal, de mon angoisse, je n'avais pour seule amie et sœur que la brume qui m'entourait, fidèle entre les fidèles, extension de moi-même, même en ces lieux de feu et de mort, mon autre, elle dont la disparition ou le silence ne pourrait que signifier ma propre disparition, la brume, MA brume, douce et fraiche. Elle m'entourait de son amour, de sa tendresse, aidant mes pensées, mes appels, mes quêtes mentales à se déplacer et à s'enquérir loin de moi, seule chose tendre et aimable ici et enfin!! Elle m'apporta enfin cet espoir, infime et obscur certes, mais après temps d'années, de décennies (de siècles?? ) emprisonnée ici, tenue éloignée de ce qui devait être, je portais mon regard vers ce qu'elle me montrait, vision énigmatique nécessitant mon attention et mes réflexions, comme toujours. La légende approchait, droite, fière, un cor antique battant sur sa hanche, un pommeau de nacre balançant au rythme de ses pas. Assise de l'autre côté d'une crevasse, sur les terres désertes et funestes qui me tenaient lieu de prison à présent, entourée des démons maléfiques qui ne me laissaient aucun répits, brouillant mes visions depuis des temps infinis, je levais les yeux et je le vis, je pus le voir ! En dépit des ténèbres, je vis clairement que de l'autre côté de cette crevace insondable, la mort cédait la place à le vie, aux montagnes vertes et chargées d'espoir. Une Légende marchait vers moi, fendant la plaine luxuriante, son visage sans expression, neutre et d'une beauté pourtant si inestimable à mes yeux. Un dragon me survola et c'est vers lui que l'homme en marche porta son regard. De son aile vaste dans son vol hautain il m'effleura, mes cheveux argentés se soulevant sous le souffle et contre toute attente il sembla se fondre en moi en un instant.
Cette malice prit fin, et tout en la voyant s'éloigner, prête à sombrer dans l'oubli et le renoncement tant sa perte me secouait, je sus où était ma route! Tout m'assaillit à la fois en un embrasement mémorable! C'était bien là ce but vers lequel je devais tendre, j'étais son Dragon, il était ma Légende et je l'attendrais car sa venue était proche. Un instant sonna le glas du malheur des ans déchus, je renaissais et je serai prête quand il viendrait car là était ma destinée, ce qui nous avait séparés avait provoqué sa quête et mes épreuves, mon exil et sa route infinie: plutôt ce présent et ce futur qu'un passé qui s'offre tel un long pugilat.

Sortant de ma torpeur, je me retrouvais allongée dans la caverne qui me servait de refuge depuis des temps insondables, il me semblait ouvrir les yeux pour la première fois. Osant quelques pas à l'extérieur, j'embrassais cette friche chaotique qui m'entourait, y posant le regard du condamné qui voit arriver une lettre de libération, je vis mes pairs, mes amis disparus m'observer avant le grand départ, sur cette lande en flammes dans le soir je les vis et dans un geste infini, intrépide et fière, je relevais la tête, levant les bras aux ciel, appelant la brume à moi dans un geste d'amour pur
« Viens mon amie, ma sœur, l'heure est proche, il vient pour nous, il est bientôt temps de partir. »
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MessageSujet: Re: De la Brume renaitra ...   Sam 26 Juin 2010 - 17:07

8ème age ...

Thessalie… Terre promise, terre offerte à mes yeux de l’autre côté de cette porte. Il avait tenu parole et j’allais le suivre, gardienne de son passé, seule détentrice, une fois ce point de non retour franchi, de ce qu’il avait été et de ce qu’il serait de nouveau.

J’avais été inquiète de cette nouvelle vie, mais rien ne pouvait être pire que ce plan que je quittais sans regrets : le chaos, la chaleur insoutenable, la désolation insondable et les voix … Ces voix hargneuses, mauvaises et viciées qui ne m’avaient jamais laissée en paix, reflet des pensées démoniaques des habitants de ces lieux, du machiavélisme et de la cruauté de celui qui m’avait abandonnée ici. J’espérais qu’avec le temps viendrait le calme, la rédemption mais … cette terreur qui me tenaillait d’avoir été plus touchée par ces siècles d’agressions mentales méphitiques ne me lâchait pas…
Hauteur et froideur, m’envelopper dans mes voiles de brume, seules armes efficaces contre les agressions, la distance aussi et cette nouvelle vie qu’il m’offrait, l’abandon de ce plan à jamais.

Jetant un dernier regard en arrière, j’embrassais les landes fétides d’un regard sans émotion, neutre et froid, contemplant ce qui m’avait forgée et rendue telle que j’étais alors qu’on avait tenté de m’y détruire. Le Dragon ne peut être séparé de la Légende et celui qui avait osé en douter, osé s’immiscer dans la loi implacable de la destiné devrait payer le lourd tribut de ses manigances …

Au loin, une caverne... Simple grotte creusée par les vents brulants, cavité obscure s'ouvrant sans doute sur un brasier contenu au sein même de cette monstruosité qu'on osait appeler un plan... Une fraicheur irréelle et décalée avait régné en ces lieux de fournaise : j'avais pris soin de me préserver de cette étouffante chaleur, prémunie par la brume fraiche et grise. J'avais eu très peur de ne pas arriver à l'appeler ici: difficile d'amener à soi cet élément si lié à l'onde dans un lieu où tout n'était que sécheresse putride et aridité crevaçante, mais elle avait trouvé ses ressources en moi, je lui avais offert mon corps comme hydratation nécessaire à sa présence, présence qui seule m'avait préservée de la folie. J'avais souffert de devoir m’offrir et mon aspect éthéré s'en était accentué d'autant: de blanche ma peau était devenue diaphane, sorte d'elfe d'albâtre insaisissable, s'oubliant à peine entrevue tant la rétine semblait avoir du mal à s'accrocher à cette vision.

Et c’est ainsi que je quittais ce lieu : on m’avait contrainte à l’exil, à l’oubli, souhaitant ma mort, je n’en revenais que plus forte et froide, le titre de Légende que j’allais endosser, brillant et immortel, exploserait à la face de celui qui m’avait rejeté là, qui nous avait séparés. Folle et éclatante vengeance, défi et déni total du destin qu’on avait tenté de nous imposer. La prophétie serait, telle qu’elle avait été révélée à notre naissance. Je passais la porte sans me retourner, j’avais payé assez cher en salaire pour ne pas accorder ne serait ce qu’un regard diamantin de plus à ces marécages brulants et désolés : j’avais laissé une part de moi sur la Géhenne, de ma bonté, de ma candeur et de ma naïveté, de mon essence même peut-être …. Mais si les êtres meurent, la Légende demeure …

Je lui emboitais le pas, la brume froide nous servant de cape …

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